Carnaval de La Nouvelle-Orléans

                  

Berceau du jazz, la Nouvelle Orléans, revêt tous les ans, du 6 janvier au Mardi gras, ses habits de lumière. Défilés de chars, costumes improbables et foule en délire prennent d’assaut la plus grande ville de l’état de la Louisiane. Entre traditions et transgressions, le carnaval de la Nouvelle Orléans promet aux festivaliers des semaines riches en émotion…Entre la soixantaine de chars, les milliers de throws distribués, et la centaine de bals organisés, le carnaval laisse souffler sur la ville un vent de folie en vert, violet et or.

Les couleurs du Mardi Gras

À la Nouvelle-Orléans, et parfois dans d'autres régions de Louisiane, les couleurs violette, verte et or représentent le Mardi Gras. La confrérie Rex a utilisé ces couleurs quasi-officielles à son défilé inaugural en 1872. Aucune signification particulière n'était attachée à ces couleurs à l'époque mais, en 1892, le défilé de la confrérie Rex sur le symbolisme des couleurs précisait que le violet représente la justice; le vert, la foi et l'or, le pouvoir.

Création des sociétés du Carnaval et du système des confréries (Krewe)

À la Nouvelle-Orléans, ce qui n'était que bals masqués à la fin du XVIIIe siècle était devenu un système complexe de célébrations à la fin du XIXe siècle.

Pendant la période d'avant-guerre, les bals masqués publics, les fêtes privées et les processions plus ou moins organisées composaient le menu du carnaval.
Dans une société où toutes sortes de groupes d'intérêts se faisaient concurrence - esclaves, hommes de couleur libres, propriétaires d'esclaves et immigrants irlandais et allemands - même le carnaval devenait prétexte à conflit. Dans les années 1850, le désordre prévalait : des garçons et des jeunes gens lançaient de la farine et de la boue aux carnavaliers. Certains demandaient l'abolition du Mardi Gras ; ce qui avait été une journée de fête était devenu symbole d'anarchie.

Le Mystick Krewe of Comus crée le système des confréries (krewe)

La plupart des défilés et des bals du Carnaval de Nouvelle-Orléans sont commandités par des entités organisées appelées krewe en anglais (confréries). Les membres des confréries du XIXe siècle étaient tenus au secret, ce qui ajoutait au mystère. Au début, il s'agissait de groupes d'hommes de race blanche ; il existe maintenant des krewe d'Afro-américains, de femmes et d'enfants; certaines confréries comprennent des hommes et des femmes, d'autres comptent des membres de races et d'origines ethniques différentes.

Des rois et des reines président aux défilés et aux bals, mais le pouvoir véritable des confréries repose entre les mains du capitaine, qui supervise tous les événements. Dans certains cas, le capitaine exerce ses fonctions pendant une période définie, dans d'autres cas, il ou elle règne jusqu'à la retraite.
La survie du Mardi Gras se trouvant menacée, la confrérie Mistick Krewe of Comus s'est imposée pour faire revivre la fête en 1857.

La confrérie Comus s'est organisée dans le secret le plus strict, ce qui a contribué à l'atmosphère de mystère et à l'effet de surprise que les organisateurs du Carnaval essaient d'ailleurs de recréer depuis. Des messages codés, publiés dans les journaux de la Nouvelle-Orléans et portant la seule mention « MKC », informaient les membres de la tenue d'une réunion. Une société secrète composée uniquement d'hommes s'est ainsi créée et la confrérie n'a jamais révélé l'identité de celui qui personnifie «Comus» dans aucun de ses défilés ni de ses bals. Les adhérents formaient le Pickwick Club, auquel on pouvait dire appartenir, et qui servait de façade à la confrérie Mistick Krewe.

Les lampadaires au gaz de la Nouvelle-Orléans n'étaient pas suffisants pour les aspirations théâtrales de la confrérie Mistick Krewe of Comus, qui a présenté son premier défilé de nuit à la Nouvelle-Orléans en 1857. La confrérie a adopté la solution utilisée à Mobile, où la Cowbellion de Rakin Society défilait au flambeau depuis les années 1830. Ces flambeaux étaient constitués de simples lanternes de papier contenant une bougie et tenues au bout d'une perche. Depuis ce premier défilé de la confrérie Comus, des hommes d'origine africaine ont porté les flambeaux; aujourd'hui, des femmes se joignent à eux.

La confrérie Rex : Pro Bono Publico

Affichant la devise « Pro Bono Publico » (pour le bien public), la confrérie Rex est la troisième des grandes confréries du Carnaval, après Comus et Twelfth Night Revelers, à ouvrir le Carnaval le 6 janvier. La confrérie Rex a réussi à faire accepter ses monarques comme roi et reine du Carnaval et son défilé de jour comme l'événement principal du Mardi Gras.

La confrérie Rex a fait son apparition en 1872 dans une cascade d' « édits royaux » qui exigeaient des entreprises et des bureaux gouvernementaux qu'ils ferment leurs portes à 13 h la journée du Mardi Gras. Le défilé - qui ne comprenait aucun char - commençait dans le milieu de l'après-midi. Personnifiant Richard III, le roi Lewis J. Salomon traversait les foules monté sur son cheval. À la suite du défilé de la confrérie Rex, selon le Daily Picayune, « de trois à quatre cents personnes marchaient, déguisées en roi ou en paysan, en démon ou en saint, en Indien ou en nègre, en femme de bonne et de mauvaise vie, en clown et en harlequin, en oiseau, en bête et en poisson. »

Zulu

La Zulu Social Aid and Pleasure Club, première société afro-américaine à organiser un défilé à la Nouvelle-Orléans, a été fondée en 1909. Puisant leur inspiration dans une comédie musicale qu'ils avaient vue au Pythian Temple, les membres reprirent à leur compte une scène dans laquelle se trouvait un roi africain ; les exécutants étaient des Afro-américains déguisés en Noirs, type de divertissement populaire chez les Noirs du Sud à l'époque. Dès les débuts, le Zulu parodiait délibérément la monarchie blanche du carnaval. Vêtu de haillons en lambeaux, William Story, le premier roi zulu, imitait les manières d'un vagabond, pour respecter le nom original du groupe, les Tramps [NDT : clochards en anglais]. Les symboles habituels de la royauté, la couronne et le sceptre, étaient fabriqués avec une boîte de conserve et la tige d'un régime de bananes.

En 1914 et pendant quelques années après, la société Zulu rendait explicite sa satire du carnaval blanc en suivant directement le défilé de la confrérie Rex ; en 1928, le Louisiana Weekly , hebdomadaire afro-américain, annonçait en manchettes « Zulu Burlesque on Rex to be Most Elaborate Ever » (Burlesque de la confrérie Rex plus élaboré que jamais). Tout comme le roi du défilé de la confrérie Rex, roi blanc du carnaval, était arrivé par bateau au pied de la rue Canal, celui de la société Zulu arrivait par bateau sur le New Basin Canal. Le défilé de la société Zulu ridiculisait le caractère pompeux du défilé blanc en exploitant les perceptions blanches de la sauvagerie noire ; autrement dit, il récupérait les stéréotypes noirs. Dans son deuxième défilé, le roi du Zulu figurait déguisé en Noir, tradition qui est toujours en usage. En 1923, les membres de la société Zulu adoptaient leur costume de jupes confectionnées avec des herbes. Le groupe distribuait aussi des noix de coco comme souvenirs.

Chars

La construction des chars a évolué au fil des ans, comme d'ailleurs les moyens de locomotion. Des années 1880 jusqu'à 1950, les confréries de la Nouvelle-Orléans louaient des mules au département de désinfection de la municipalité pour tirer les chars. Pour les défilés, les animaux étaient eux-mêmes costumés avec de longues robes dans lesquelles des trous avaient été ménagés pour la bouche, les yeux et les oreilles. Des hommes en tunique - habituellement des Afro-américains - marchaient à côté des mules et les guidaient le long du trajet. Lorsque la ville a acheté des camions pour remplacer ses mules, les confréries ont dû employer des tracteurs.

Beaucoup des premiers chars et des personnages étaient faits de papier mâché et importés de Paris, comme la plupart des masques et des autres costumes et accessoires du Carnaval. Lorsque le sculpteur parisien Georges Soulié, dont la famille avait conçu et fabriqué des éléments du Mardi Gras en France, s'est rendu à la Nouvelle-Orléans au début des années 1870, il lança l'industrie du défilé domestique.

Si certaines confréries, notamment la confrérie Rex, emploient encore le papier mâché, beaucoup de chars sont fabriqués de fibre de verre et d'autres matériaux modernes. L'un des chars les plus impressionnants se nomme Leviathan dans le défilé de la confrérie Krewe of Orpheus. Près de 54 000 ampoules de fibre optique animent le monstre de mer, long de 125 pieds, créé par un fils de fabricant de chars, Barry Kern. Le char a défilé en 1998.

Commentaires (1)

1. x 05/02/2011

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